Ci-contre les "bertsu" tels qu'ils auraient été écrits par Bordaxuri lors de son incarcération (voir aussi la rubrique "bertsulari?").

TRADUCTION

I

Dans la 1815e année

On m’avait mis en prison à Hasparren

Héritier de la maison Plumaienia, comme chacun le sait,

Je dois m’user dans les galères.

 

II

Je m’apprête à chanter sans joie

Et je n’ai aucun profit même si je m’attriste ;

N’ayant volé nulle part, n’ayant pas tué d’homme,

Je suis condamné aux galères à perpétuité.

 

III

Ah ! le malheur d’être héritier !

C’est ce qui a causé ma perte définitive.

Ayant demandé à mon père la part qui me revenait,

Il m’a mis aux galères, telle est ma dot.

 

IV

Mon père est un homme considéré

Il a mis son fils en lieu sûr dans les galères

Partout, agenouillé, en prières

Semblable à un saint, vrai diable maudit.

 

V

Mon cousin germain Kadet Bordachuri

J’aurais une faveur à te demander

Adresse toi à ma sœur

(et demande lui) quel salaire elle a touché pour me vendre.

 

VI

Mon père en premier, ma sœur ensuite,

Cet oncle bourgeois pour fournir de l’argent,

Mais par contre, pas même pour moi deux pièces de six francs

Pour que je crève, au moins, dans les galères.

 

VII

Ils entrent dans l’église avec dévotion

Et ils semblent accompagnés par tous les Saints,

Avec leurs livres et leurs chapelets.

Le diable va faire bonne fête avec eux.

 

VIII

Le huitième couplet est pour mon frère :

J’aurai un conseil à te donner.

Conduis-toi bien, tu n’auras pas à le regretter,

L’exemple est aisé à prendre sur moi.

 

IX

Je m’adresse à vous, o mon précieux père,

Alors que j’ai souvent les larmes aux yeux

Votre race et la mienne de la maison Bordachuri

Est aux galères (tant que j’y suis) car je suis le seul à y être.

 

X

J’ai composé ces chants dans la ville de Pau,

Chargé de chaînes dans la prison,

Et je les ai transcrits en même temps

Pour que tout le monde les chantes dans la ville de Hasparren.

 

XI

Je les ai composés pour ne pas m’attrister

Pour que mes parents et amis prennent courage,

Et plus particulièrement en votre honneur, mon père,

Pour qu’en les écoutant vous vous souveniez de votre fils.

                                                           BORDACHURY