Martin Larralde est né à « Plumaienea » le 7 janvier 1782, fils de Guillaume Larralde de « Bordaxuria » et de Marie Ithurbide de « Plumaienea ». Dès la mort de sa mère il s’opposa à son père lui réclamant sa part d’héritage, la part de la maison de sa mère qui lui revenait.

 

Le débat  entre le père et le fils s’envenima rapidement. Le père donna une partie d’un champ à travailler à Jean Ospital de « Kasalarenborda » et alors que celui-ci y ramassait le foin, il reçut une balle dans l’épaule, tirée, comme le démontrera le procès, par le fils aîné de Plumai, le 28 juin 1815, jour de la St Jean Baptiste.

 

Le 4 juillet 1815, les gendarmes d’Hasparren arrêtèrent Martin Larralde, l’amenèrent à Bayonne ; il fut jugé à Pau le 28 novembre et condamné aux galères à perpétuité par 7 jurés contre 5. Il fut amené aux galères de Rochefort, le 5 août 1816, à 35 ans et y mourut le 19 décembre 1829, à 40 ans.

L’auteur de pièces de théâtre, Piarres Larzabal, fit de cette terrible histoire, le sujet de sa pièce : « Bordaxuri ». Cette pièce n’a pas grand-chose à voir avec la véritable histoire. Il y expose, entre autres dissimilitudes,  la volonté du fils de tuer son père. Mais la présentation de cette pièce dans de nombreux théâtres d’Euskal Herri, a largement fait connaître l’histoire de l’infortuné fils de « Plumaienea ».

 

N’acceptant pas qu’un voisin ramasse de l’herbe sur une terre qui lui appartenait, bien que ce dernier le fit sur demande du père, il retira l’herbe coupée pour l’emporter dans la grange de « Plumaienea » et lorsqu’il vit Jean Ospital se la réapproprier, il lui tira dessus.

Des 12 jurés, 9 étaient des propriétaires, un maire, un avocat et un rentier. La plupart des voisins de « Plumaienea », du quartier Elizaberri d’Hasparren, furent témoins et il est écrit, en français, que leurs témoignages relatent mot pour mot ce qu’ils ont dit, bien qu’ils ne sachent ni lire, ni écrire et encore moins parler français. Au procès c’est un interprète souletin qui fut le traducteur de Martin Larralde et des témoins.

 

Lorsqu’il était prisonnier, Martin Larralde a écrit quelques « bertsu ». Il y a 11 ou 12 « bertsu », mais 11 connus, très durs mais aussi émouvants et superbement composés, malgré une petite erreur dans le 2e, le mot « gabe » étant écrit 2 fois.

Ces « bertsu » sont encore fréquemment chantés à Elizaberri . La plupart des gens pensent que  « Martin Larralde Plumai » fut plus une victime des événements qu’un véritable coupable. Cette histoire est la leur et à l’écoute de cette chanson c’est un sentiment d’injustice qui prévaut.

 

Le fait de publier ce procès ici n’a d’autre prétention que de rendre publics, de vieux documents qui dormaient dans les archives à Pau. C’est notre histoire ; elle s’est déroulée dans notre quartier d’Elizaberri, et même si l’histoire en soi n’est pas d’une importance fondamentale pour l’histoire, les « bertsu » eux le sont.

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