Interrogatoire de Martin Larralde lors du procès en cour d'assises à Pau

14 novembre 1815

 

voir l'original p49

 

L’an mil huit cent quinze et le quatorze Novembre, en la sale d’auditoire du palais de justice, par nous Jacques-Marie de Fourcade, Président de la cour d’assises du département des Basses Pyrénées, assisté de Cazenave commis greffier près la dt cour, a été améné de la maison de justice, un prisonnier basque d’origine qui y est détenu écroué, aujourd’huy à l’interrogatoire duquel nous avons procédé et à l’aide du Sr Pierre Yriteity de Libarrenx, que nous avons pris d’office pourinterprette, et qui après serment par lui pretté de bien et fidellement remplir ses fonctions, nous avons procédé comme suit. Interrogé de nous dire ses nom, prénom age, profession, et demeure. Répond se nommer Martin Larralde agé de 33 a 34 ans, cordonnier de Hasparren. Interrogé en quel lieu il passa la journée du 27 juin 1815. Répond qu’il était chez lui. Interrogé s’il ne se rendit pas le soir de la dt journée sur la prairie appellée de Ploumay, et si de son autorité il ne prit pas une certaine quantité de foin qui avait été vendu par son père, au nommé Ospital de la même commune. Répond qu’appelé pour faire le 

 

 voir l'original p50

 

service de garde nationale, il avait demandé a son père quelqu’argent pour fournir à ses besoins, que celui-cy n’ayant pû lui en donner, il prit de son consentement une certaine quantité de foin sur la prairie désignée, faisant dépendance de la succéssion de sa mère dont il est un des cohéritiers.

         Interrogé si Ospital ne s’opposa pas à l’enlèvement de ce foin, et s’il n’assura pas le dt Larralde, qu’il allait s’en plaindre à son père, et même à mr le maire.

         Répond et déclare qu’Ospital ni tout autre ne se plaignit de son entréprise.

         Interrogé, ou il était dans la matinée du 28 lors du transport de mr le maire de Hasparren dans son domicile.

         Répond que ne voulant pas déférer a la réquisition qui lui était faite de se rendre précisement ce dit jour 28 a Bayonne, il s’était absenté de son domicile pour éviter toute recherche et qu’il ignore si mr le maire s’y rendit.

         Interrogé si lors de son départ de sa maison, il avait aucune éspéce d’arme et de nous préciser quel était son costume ce jour là.

         Répond qu’il était vetu comme il l’est

 

voir l'original p.51

 

actuellement, qu’il n’avait aucune éspéce d’arme, ni havressac.

         Interrogé s’il ne déguise pas la vérité, et si au contraire, il n’a pas été vû, ce jour là même pas plusieurs personnes armé d’un fusil et chargé d’une carnassière.

         Répond et persiste dans sa précédente déclaration.

         Interrogé si dans la matinée du 28 il n’a pas été se cacher dans un taillis situé entre les maisons de Colet et de Doria.

         Répond et conteste.

         Interrogé s’il n’est pas dans sa connaissance que ce dt jour 28 Juin, et du lieu précédament indiqué il ne fut laché trois coups d’arme a feu, a diversintervales dont l’un atteignit le nommé Ospital, et le traversa d’une balle, lorsqu’il était occupé avec le père et le beau frère de lui prévenu a retirer le foin qu’on lui avait enlévé la veille.

         Répond qu’il n’est point l’auteur de cette action et qu’il ignore qui ce peut être.

         Interrogé si au lieu de dire la vérité il ne la déguise pas, puisqu’il a été vû par des témoins revenant du lieu indiqué et se dirigeant vers son domicille.

         Répond qu’il défi tout èspéce de témoin d’attester un pareil fait.

         Interrogé s’il est en sa connaissance

 

voir l'original p.52 

 

qu’il ait été trouvé un fusil et une carnassière cachés dans le lieu indiqué.

         Répond ne rien savoir.

         Interrogé s’il n’a pas été réclamer lui-même, comme lui appartenant ce fusil et cette carnassière, au Sr Beheran.

         Répond et conteste.

         A lui demandé s’il a fait un choix d’un conseil.

         Répond qu’il nomme Me Batralle avocat.

 

        

         Averti l’accusé que dans le cas ou il se croirait fondé a proposer quelque demande en nullité contre la procédure, il devra le faire, par déclaration au greffe dans les cinq jours qui suivront le présent, faute de quoi il n’y sera plus récévable.

         Lecture faite, il y a persisté, et déclaré ne savoir signer, de ce par nous requis, ce que nous avons fait ave le Greffier ainsi que l’interprette.

Constat les trois mots rayés a la 1ère page

 

                                      Fourcade pt                                Casenave

 

                                                        Yriteity

 

 

(A l’envers sur la page52)

 

Du 14 novembre 1815

         Interrogatoire

         de Martin Larralde

         de Hasparren

         N° 14

 
 
 
 

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